Transgenres: Acceptation et beauté / by Helena Vallée

Two-Spirit, 2016, huile sur lin. La large cicatrice du bras découvert est celle suivant une phalloplastie, environ deux mois après l'opération. 

Two-Spirit, 2016, huile sur lin. La large cicatrice du bras découvert est celle suivant une phalloplastie, environ deux mois après l'opération. 

Les statistiques suivantes, suite à des études dans différentes régions du monde,  sont alarmantes *:

  • 78% des personnes trans rapportent avoir été victimes de harcèlement verbal.
  • 70% ont déjà pensé au suicide et entre 33% y ont déjà eu recours.
  • Seulement 56% de la population en général croit qu’il y a une différence entre l’orientation sexuelle et l'identité de genre
  • 16% de la population en général croit qu’être trans c’est mal

On ne choisit pas plus son orientation sexuelle que son identité de genre. Que l'on ressente certitude ou confusion quant à ce qui nous attire, ou quant à ce que l'on est, la réponse est instinctive et se forge en nous. Peu importe ce qu'on a entre les jambes, on est attiré par un sexe, ou par l'autre, ou par les deux; peu importe ce qu'on a entre les jambes ET peu importe notre orientation sexuelle, on s'identifie en tant qu'homme, femme, ou les deux. 

1% de la population ressent un inconfort face à son genre. 1 personne sur 4000 suivra des traitements hormonaux en lien avec cet inconfort, et 1 personne sur 6000 effectuera une transition pour vivre entièrement dans le sexe de son choix*. 

Suivant la tendance des artistes, je suis en constante recherche de beauté. La beauté humaine est malheureusement reliée à un esthétisme défini par les bassins culturels de chaque société, un esthétisme de surface, aussi plastique que les poupées qui l'inspirent, aussi inconsistant que les publications qui le répandent. 

Avec ma série Bonnes à Marier, j'explorais les canons de beautés de tribus éloignées, pour confronter nos yeux occidentaux à d'autre façons d'être belles, souvent, ici comme ailleurs, au détriment de la santé ou de la liberté du corps. 

Avec A Woman No More, je ne dénonce rien: je célèbre. Je célèbre le courage d'un jeune transgenre qui n'a pas peur des statistiques, car il sait qu'elles ne sont là que pour être changées.  Je célèbre la beauté d'un être humain qui a suivi sa tête et son coeur jusqu'au changement de sexe, pour simplement être mieux, être entier, être soi. 

Vouloir être bien dans sa peau... C'est tellement normal, vous ne trouvez pas? 

Ce qui est extraordinaire, c'est d'en braver les obstacles.

 

*Source des statistiques: Aide aux Trans du Quebec (www.atq1980.org)